Impossible d’ignorer la Corse sans penser à ses secrets les mieux gardés, dissimulés derrière des kilomètres de côtes sauvages et de falaises abruptes. L’île de Beauté, fidèle à sa réputation, réserve aux curieux des paysages que l’on ne peut rejoindre qu’en glissant sur l’eau. Là où la terre s’arrête, la mer dévoile de véritables œuvres d’art, loin de la foule et du bruit. Les falaises de Bonifacio jaillissent, hautaines et puissantes, surplombant l’eau limpide, attirant quiconque cherche à se confronter à la nature brute. Plus haut, les calanques de Piana affichent sans pudeur leur extravagance minérale, sculptée par le vent et la mer. Pour qui ose s’y risquer en bateau, la Corse n’est plus seulement une île : elle devient un territoire d’aventures, à explorer au rythme des vagues.
Les calanques de Piana : un chef-d’œuvre naturel révélé par la mer
Cap sur la côte ouest, où les calanques de Piana déploient leur panorama grandiose. Le granit rouge, issu d’un passé volcanique mouvementé, se jette sans hésiter dans les eaux transparentes du golfe de Porto. Ce décor impressionne, surtout à la tombée du jour, lorsque les falaises s’illuminent de tons dorés. Pour admirer ce spectacle, il faut choisir la mer. Depuis Porto, plusieurs embarcations invitent à quitter la route pour la quiétude du large : plus de moteurs ni de klaxons, juste le souffle du vent et la lumière sur la roche.
Le port de Porto marque le point de départ. Sur le trajet, la reserve de Scandola en bateau se présente comme une halte incontournable, réservée à ceux qui osent s’aventurer au-delà des sentiers battus.
À mesure que le bateau progresse, les contrastes frappent : l’eau turquoise tranche avec les parois rouges et orangées, chaque détour révélant une scène nouvelle. Face au Capo Rosso et sa tour génoise, campée sur une avancée rocheuse, le temps semble suspendu. Naviguer dans ce décor, c’est accepter de se laisser surprendre et de s’ouvrir à ce que la nature a de plus spectaculaire.
La réserve naturelle de Scandola : un monde à part
Sur ce même littoral, la réserve de Scandola s’impose comme un territoire préservé. Aucune route ne mène ici : seul le bateau permet d’approcher ce site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Falaises volcaniques, grottes cachées, fonds marins d’une rare pureté… Scandola plonge le visiteur au cœur d’une biodiversité remarquable.
On quitte Porto pour traverser des paysages qui semblent remonter le temps. Ici, la vie s’accroche partout, à la surface comme sous l’eau. Lors de la visite, on découvre quelques trésors incontournables :
- Falaises volcaniques : la mer a sculpté des reliefs étonnants, aux couleurs inattendues.
- Gorgones et coraux : sous la surface, une faune protégée abrite des espèces rares et discrètes.
- Oiseaux marins : balbuzard pêcheur, cormoran huppé, goéland d’Audouin profitent ici d’un havre de paix.
Ici, la nature ne négocie rien. Les règles sont strictes et rappellent qu’un équilibre subtil se joue à chaque instant. Pas de construction, peu de traces humaines, une discrétion de rigueur : tout est fait pour préserver le caractère unique du site. Naviguer dans ces eaux, c’est s’immerger dans un espace où l’humain passe au second plan, où l’on devient simple témoin d’un équilibre fragile.
Les îles Lavezzi : escapade turquoise au large de Bonifacio
Au sud de Bonifacio, les îles Lavezzi attendent ceux qui quittent les quais et les falaises blanches pour franchir le canal. Cet ensemble d’îlots de granit, posé sur une mer transparente, semble hors du temps. Rejoindre les Lavezzi, c’est s’offrir une parenthèse sauvage, guidée par la lumière et le vent.
Depuis Bonifacio, on laisse derrière soi l’agitation du port pour rejoindre ces terres protégées. Les adeptes de plongée explorent des fonds gorgés de vie, tandis que les marcheurs empruntent les sentiers discrets qui serpentent dans le maquis. Sur place, plusieurs activités s’offrent aux visiteurs :
- Plongée sous-marine : explorer des paysages sous-marins peuplés d’espèces colorées et de coraux préservés.
- Randonnée : suivre des itinéraires balisés pour découvrir des vues saisissantes et la végétation typique de la Corse du Sud.
Les Lavezzi ne se contentent pas d’impressionner par leur décor : l’archipel abrite une multitude d’oiseaux protégés, dont le goéland leucophée et le puffin cendré. Ici, aucune construction, une gestion attentive, et une harmonie précieuse entre l’homme et la nature, rare sur le littoral méditerranéen.
Une fois le voyage terminé, il reste une sensation vivace : celle d’avoir effleuré un territoire indompté, là où la mer et la roche dialoguent sans jamais fusionner. L’envie de revenir naît aussitôt. Après tout, la Corse ne livre ses secrets qu’à ceux qui acceptent de s’y perdre… et de s’en souvenir longtemps.



